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L’eau en Palestine
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Sarah El Haïry

Mouvement Démocrate (MODEM)
Pays de la Loire

Le 25 février 2018,

Mme Sarah El Haïry. Madame la présidente, monsieur le secrétaire d’État, mes chers collègues, l’enjeu de la reconnaissance est essentiel puisque c’est par cet acte unilatéral qu’un État existant prend officiellement acte de l’existence d’un nouvel État sur la scène internationale, ce qui emporte de nombreuses conséquences pour les droits de cet État, telles que la consécration de sa souveraineté.

La souveraineté implique le contrôle, par un gouvernement, de son territoire et donc de ses ressources, notamment d’eau. Or, si la région du Proche-Orient connaît une pénurie d’eau, il s’avère qu’Israël contrôle l’ensemble des ressources en eau sur la région de la Palestine et choisit la part d’eau délivrée aux territoires palestiniens. Si les accords d’Oslo de 1995 encadraient cette gestion pour une durée de cinq ans, ils n’ont pas été actualisés. De plus, les règles de sécurité très strictes imposées par Israël empêchent la construction d’usines de traitement ou d’assainissement de l’eau. Pourtant, la question de l’eau apparaît comme l’un des points clés du processus de paix.

La France agit déjà dans le sens d’un rééquilibrage du réseau, à travers l’Agence française de développement qui a engagé, depuis 2001, 282 millions d’euros pour des projets structurants et des projets d’urgence. La France compte-t-elle intensifier son action sur les territoires palestiniens afin de permettre à un plus grand nombre de personnes d’accéder à l’eau potable ?

En guise de conclusion, je souhaite reprendre les mots très justes que le président Chirac prononçait le 13 novembre 2008 lors d’une conférence internationale qui avait pour titre « L’eau pour la paix, la paix pour l’eau ». « L’eau féconde la vie. Elle permet de cultiver, de se désaltérer, de se nourrir, de se laver. Les formes de son usage et de son partage se confondent avec celles de la civilisation. Toutes les cultures, du Sahel à la Chine, de la Mésopotamie aux Indiens d’Amérique, de la Gaule à l’Inde, l’ont célébrée et entretiennent avec elle un rapport intime, particulier et pourtant universel. »

Sur cette question, et plus précisément sur le territoire de la Palestine, notre nation, qui porte des valeurs universelles, doit être à l’avant-garde pour que coulent l’eau et la vie. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes MODEM et REM.)

M. Christian Hutin. Excellente question originale !

Mme la présidente. La parole est à M. le secrétaire d’État.

M. Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’État. Je réponds volontiers à cette « excellente question originale », pour reprendre les propos qui ont fusé sur vos bancs.

Effectivement, les ressources hydriques sont rares en Palestine : elles dépendent en partie du Jourdain, qui s’écoule sur 360 kilomètres du mont Hermon à la mer Morte, et de nappes souterraines, qui sont très sollicitées.

La question de l’eau constitue un enjeu essentiel ; c’est d’ailleurs l’une des cinq questions en suspens pour un accord final, avec le statut de Jérusalem, les frontières, les réfugiés et la sécurité. Elle devra donc faire l’objet d’un accord négocié entre Israéliens et Palestiniens, fondé sur le droit international. Nous souhaitons qu’un accord juste puisse être conclu, avec une répartition équitable des ressources. La France fait tout pour essayer d’apporter une réponse acceptable à cette question, mais on ne peut jamais être à la hauteur du problème !

Il faut avoir en tête que 90 % des eaux souterraines ne répondent pas aux normes sanitaires définies par l’Organisation mondiale de la santé, l’OMS. En Cisjordanie, les Palestiniens consomment en moyenne 70 litres d’eau par habitant et par jour quand leurs voisins en consomment 300 litres.

Par conséquent, l’eau constitue une priorité de la coopération bilatérale française. L’Agence française de développement a financé treize projets portant sur l’eau et l’assainissement dans les territoires palestiniens, pour un montant de près de 106 millions d’euros ; ces projets ont permis à 800 000 personnes d’accéder à l’eau potable. C’est aussi cela, préparer la paix !

Un autre projet serait structurant à moyen et à long termes : je veux parler de la fameuse liaison entre la mer Rouge et la mer Morte. Ce serait également une réponse au problème de l’eau. La France a participé au financement des études de ce projet mais, pour aller plus loin, un accord entre Israël et la Jordanie est nécessaire, et nous butons sur ce point pour l’instant. Indéniablement, la réalisation de ce projet serait une réponse importante.

En tout cas, nous ne baissons pas les bras. Vous avez vu qu’en encourageant des projets, nous essayons d’apporter des réponses, qui ne sont malheureusement que des palliatifs. Vous avez raison, madame la députée, sur les enjeux que vous avez présentés. Nous aurons à cœur de relayer les préoccupations qui sont les vôtres.




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