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Débat sur le Moyen-Orient
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Durrieu Josette

Parti Socialiste

Le 13 janvier 2010,

Mme Josette Durrieu. - Mon propos sera centré sur le conflit israélo-palestinien.

Je salue Mme la Déléguée générale de la Palestine, grâce à qui les Palestiniens nous écoutent.

La situation est bloquée. A qui le statu quo profite-t-il ? Sûrement au Hamas, du moins à Gaza ; mais aussi à Israël.

L’enlisement est une réalité, le recul en est une autre : le principe des deux États semble atteint, l’État palestinien n’est plus qu’un fantôme occupé, colonisé, morcelé ; Jérusalem est, grignoté, tend à disparaître et il n’y a plus de gouvernement légitime. Le président Abbas est prolongé. La situation n’a jamais été aussi grave.

Israël existe et doit être reconnu, mais son existence est-elle assurée en l’absence d’État palestinien ?

Mme Monique Cerisier-ben Guiga, au nom de la commission des affaires étrangères. - Très bien !

Mme Josette Durrieu. - Les Palestiniens sont divisés. En 2006, un déni de démocratie a refusé de reconnaître le résultat d’élections que nous avions pourtant validées. On connaît la suite, avec la guerre de Gaza et le blocus. Clairement, la réconciliation palestinienne passe par de nouvelles élections, que nous ne sommes pas en mesure d’organiser. Quand auront-elles lieu ?

Le nouveau président américain avait suscité beaucoup d’espoir car il avait, à juste titre, remis le conflit israélo-palestinien au centre du débat. Au démarrage, sa stratégie était bonne, mais la tournée du sénateur Mitchell s’est achevée sans résultat malgré l’intérêt des paroles prononcées. Vint ensuite la volte-face présidentielle et le discours malheureux de Mme Clinton.

L’Union européenne est un nain politique mais un bon payeur. Nous avons consacré des centaines de millions d’euros à divers projets. Ainsi, le système informatique Asycuda devait gérer les douanes, dans un pays sans frontières où les douanes ne contrôlent donc rien du tout. Ce logiciel, le plus performant du monde, pourrait éventuellement gérer les douanes de Gaza avec l’Égypte, mais il ne fonctionne pas à Ramallah. Dommage. De même, l’application Seyada devait assurer un réseau entre les tribunaux cisjordaniens, dont nous formons les juges. Est-ce réellement une priorité ? Il est impossible d’instruire les forces de police en Palestine, dont le territoire est occupé à 80 % par Tsahal. Mais dans les autres 20 %, ces policiers sont efficaces. Et que penser du cadastre en Cisjordanie ? Jusqu’à quand va-t-on continuer à payer ainsi ?

Quelles sont les raisons de cette situation ? Bien sûr, Blair, et surtout Bush, mais aussi la faiblesse d’une Europe divisée et l’obstination destructrice d’Israël. Comme Barnavi le répète, si ça continue ainsi, c’en sera fini du rêve israélien. Mais qui peut le faire comprendre aux gens sensés de ce pays ? Il faut mieux faire connaître le rapport Goldstone car au-delà des murs et des miradors, il évoque des pratiques condamnables.

La communauté internationale doit revenir aux principes : on ne peut déposséder les Palestiniens de leurs terres et de leurs droits. Bien sûr, la victoire électorale du Hamas en 2006 était consternante mais il fallait l’accepter au lieu de commettre un déni de démocratie. Le Hamas peut-il évoluer ? Il reste en tout état de cause un interlocuteur inévitable. Comment la France et l’Europe peuvent-elles ne pas rappeler certains droits des Palestiniens et des peuples du Moyen-Orient ?

Évoquant le droit au retour des Palestiniens, Arafat m’a dit à la Moukhata que les Palestiniens installés au Chili ne reviendraient évidemment pas, mais que leur droit au retour était un principe sacré.

Le droit à la résistance à l’oppression est inscrit dans notre Déclaration des droits de l’homme de 1789. Fille de résistant, je n’accepte pas que l’on identifie la résistance au terrorisme. On transforme des résistants en terroristes quand on les ignore... Il faudrait rappeler le droit à la résistance et redéfinir le terrorisme.

J’en viens à la politique des « deux poids, deux mesures » dont M. François-Poncet a parlé. Il ne s’agit pas seulement des résolutions de l’ONU, jamais respectées par les Israéliens, mais aussi du nucléaire : que l’on refuse la prolifération nucléaire en Iran, soit, mais pourquoi accepter l’armement nucléaire de l’Inde et du Pakistan, deux États signataires du traité de non-prolifération et laisser planer l’ambigüité sur Israël qui a la bombe sans le dire ?

M. Didier Boulaud. - Très bien !

Mme Josette Durrieu. - On ne peut bâtir la paix sur le cynisme. Il faut remettre un peu de morale dans tout ça.

Quelque soixante ans après, la paix est loin, comme a dit Bachir El Assad, que j’ai rencontré deux fois l’an dernier. Certains se satisfont du statu quo, pas moi.

Comment assurer la sécurité et la paix des Israéliens et des Palestiniens ? Quel est le risque de prolifération nucléaire au Moyen-Orient ? Quelles solutions appliquer avec quels acteurs ? Moshe Dayan disait qu’il était impossible de vivre sans solution.

On peut citer quelques objectifs immédiats, comme l’arrêt de la colonisation et de l’occupation, la fin du blocus et l’échange des prisonniers, c’est-à-dire du soldat Shalit contre 12 000 prisonniers palestiniens !

Quelles peuvent être les acteurs de la paix ?

Les seuls exclus du processus direct sont les Israéliens et les Palestiniens, incapables d’y participer pour des raisons différentes.

Les États musulmans ont fait une grande partie du chemin, avec le plan du roi Fahd, exposé à Beyrouth en 2002, qui reste sur la table. Parmi les États médiateurs, je citerai bien sûr la Syrie, qui veut récupérer le Golan et normaliser la situation tout en protégeant la résistance palestinienne.

Devant l’incapacité des uns et des autres, il faut mettre une solution sur la table. Monsieur le ministre, est-il exact à ce propos que les États-Unis préparent un plan de paix destiné à régler le conflit en deux ans, comme il est écrit dans Maariv ? C’est à la fois une interrogation et un voeu. (Applaudissements à gauche. Mme Goulet applaudit également)

- http://www.josette-durrieu.fr/index...



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